Poèsie " Geôle " par Rémi dit pilatom

Publié le par Remi Godet

Poèsie " Geôle " par Rémi dit pilatom

Geôle 

 

La chaleur moite m'envahit

Je suis las d'être fatigué

L'air iodé, le bruit de la mer

Lointains souvenirs

Ne sont plus de mise

 

Je croupis dans ma geôle 

Etroite, barreaux aux fenêtres 

Armoire sans souvenirs 

Tinette de fausse porcelaine

Porte pleine de solitude 

 

L'automne annonce son arrivée 

Avec sa palette et ses pinceaux

Ses couleurs seront ternes

L'été persiste, sec

Il laisse en cette année

Une terre aride et brûlée 

Des visages bronzés d'estivants

Du désespoir chez les paysans

 

Quand à moi, je tourne dans ma cage

Vide de ce que je suis

Plein de rancoeurs

 

Mes gardiens auraient pu

M'installer au zoo pour faire le beau

Sans faire le mal, sans danger

Les visiteurs pourraient me jeter

Des cacahuètes, ou des crachats 

 

J'humerai l'air et les odeurs

De mes libres congénères 

Je montrerai mes bracelets

D'imitation argent qui me blessent

Les poignets de mains inutiles

Poignées que l'on me refusera

De serrer lorsque j'aurai payé

Mon infamie, celle que l'on me jette

En pâture, en pleine figure

 

D'abrutis qui n'ont rien compris

De chiens qui aboient

Lorsque la caravane est à l'horizon

Des tapages médiatiques 

De faux journalistes avides

D'immoralité, d'injustice, de sang

les cafards ne sont pas tous

Dans mon cagibi de pénitence 

 

De ma meutrière, j'entendrai les premières pluies

j'y apercevrai un pâle soleil qui s'en va

Des soirs sanslune

Des nuits qui restent, des jours sans

Avec des nuages, quelques orages

Le froid qui s'invite et engourdit mon esprit

 

Dans la somnolence je perçois 

L'appel des matons

Des détenus qui gueulent

Ma porte s'ouvre

C'est enfin la sortie

La récréation de tous les abus

 

 

Texte protégé  04/09/2016       Rémi dit Pilatom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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