Poésie "Mer d'échine" par Rémi dit Pilatom

Publié le par Remi Godet

Toile de Marcel Nino Pajot (452X610)

Toile de Marcel Nino Pajot (452X610)

Mer d'échine

 

Égérie sur ma palette

Je voudrai rester dans ton naïf

Oublier le futur de ce présent

 

Suis je dans l'impressionnisme

D'une icône aux contours flous

Brume d'amour

Où est ce le cubisme

Aux formes carrées et enchevêtrées

Je me suis perdu

Dans tes douleurs, mes couleurs

 

Je peins et creuse de mes mains

Le puits sans fond de ta liberté

J'en bois l'eau pure

Lavant mon esprit dérangé

 

Fière rebelle de mes élucubrations

Je pars en mer d'échine

Sur une jonque qui glisse

Et tangue se dodelinant

Sur la baie de mes désirs tourmentés

Elle se joue des îlots rocheux

Des vagues écumantes de ma folie

Au bar des Ames perdues

 

Je bois sans savoir pourquoi

Et certainement trop en versant

Au milieu de ce capharnaüm

Une larme d'un amour migrateur, envolé

Qui se blesse et s'écrase

Dans mon verre sale

A moitié vide, et débordant de non dits

Noyée dans une volute de fumée bleutée

 

Comment puis-je

Entretenir incandescentes les braises

D'un feu qui s'étiole, d'un coeur qui s'affole

De tes lèvres encore humides

Que le vent n'a pas su sécher

 

Revoir sur ma toile

Le galbe de tes longues jambes effilées

Sur des draps blancs un peu froissés

Aux lignes si pures m'emporte

Au delà de mon imaginaire

 

L'amertume d'une vie passée

A trimer pour s'enivrer

S'oublier un moment et rêver

D'être un artiste accompli

 

Les néons éteignent mon espérance

Nuit d'encre, éclipse du silence

La lune affronte mes peurs

Dans ce grand vide sidéral

Veuve orpheline des étoiles

Soudain disparues

Je rentre en titubant

Ouvrant la porte de l'atelier du passé

Celui qui ne peut plus exister

 

Rémi dit Pilatom texte protégé 14/05/2017

Publié dans Poésies

Commenter cet article