Poésie " Thé à la Menthe " par Rémi dit Pilatom

Publié le par Remi Godet

Poésie " Thé à la Menthe " par Rémi dit Pilatom

 

Thé à la menthe

 

Encore un vent de sable

Qui s'approche du village

Vite on rentre les chèvres

 

Le jeune Abdul en a l'habitude

C'est de plus en plus fréquent

La nature est détraquée

L'eau se fait rare

La récolte de seigle

Bien maigre cette année

Ne suffira pas

 

Et ce nuage qui se rapproche

Plus vite qu'un cavalier du désert

Va encore être porteur

D'un peu plus de malheur

 

C'est ce que pense la mère d'Abdul

Aïcha qui referme les portes

De la petite maison en pisé

Faite de briques et de broc

Mais où il fait bon se retrouver

Autour d'un thé brûlant

Aux parfums de menthe

 

On entend du bruit à l'extérieur

La tempête est là

On en a vu d'autres

 

Oui mais aujourd'hui

L'inquiétude est différente

Un bruit de moteur, puis un autre

Des portières qui claquent

Des ordres, des cris dans un arabe

Qui n'est pas d'ici

Des mots qu'ils ne connaissent pas

 

Et Ali le père qui est au marché

Aïcha a compris, Abdul la regarde

Dans un fracas la porte d'entrée

Se brise sous les coups de détraqués

Vêtus d'horribles habits noirs

Armés et masqués comme pour cacher

Leur férocité, abrutis de l'apocalypse

 

Ils emmènent Abdul

Terrorisé au fond de la pièce

Qui tombe et reçoit quelques coups de pied

Ton homme est ou ?

Dis nous où il se cache ?

Aïcha ne répond pas

 

Alors commence le pire

Des trois tortionnaires

L'un empoigne la pauvre femme

Et la dénude sans autre procès

L'autre se défouraille , odieux monstre

Ils ont à peine dix sept ans

L'autre regarde et ricane

Elle en avait soixante

 

Aïcha est depuis au Paradis

Abdul â été enrôlé de force

Il a réussi pourtant à leur échapper

Ali n'est jamais rentré du marché

 

Le village n'est plus qu'un tas de pierre

Rayé de la carte

Les tempêtes de sable

Passent sans s'arrêter

 

Rémi dit Pilatom texte protégé le 18/06/2017

 

 

Publié dans Poésies

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